Aujourd’hui je vous confie le témoignage sur le deuil périnatal de Sarah qui aurait eu 10 ans. Merci de votre lecture et de votre soutien pour Emma.

Je m’appelle Emma, j’ai 39 ans et suis l’heureuse maman de Chloé, 8 ans, et Lucas, bientôt 6 ans. 
Je suis également mam’ange de Sarah, qui aurait 10 ans déjà…

En 2007, nous avons décidé, mon chéri et moi, de se lancer dans l’aventure de la parentalité.  Les tests revenaient négatifs à chaque fois… Au bout de 10 mois d’essais infructueux, en juillet 2008, enfin un résultat positif !!! Nous sommes aux anges. Bébé prévu pour le 3 avril 2009. Une joie immense en apprenant que c’est une petite fille qui grandit en moi ! Nous lui avons trouvé un prénom tout doux : Sarah. La grossesse se passe sans encombre,  mise à part que je ne grossis pas, je maigris même. Il n’y a que mon ventre qui grossit un peu. Mais cela n’inquiète pas le gynécologue qui me suit…

En février 2009, je suis hospitalisée pour menace d’accouchement prématuré. Je reste 15 jours alitée, sans bas de contention, ni de précautions particulières. Au bout du 2ème jour d’alitement, une douleur intense (je croyais que j’allais mourir, et c’est peu de le dire), s’empare de moi. Elle part de mon rein droit, et irradie jusqu’à la poitrine. Je suis pliée en 2 de douleurs,  je pleure. J’ai peur, pour moi, pour ma fille. Les médecins me disent que je suis stressée par la menace d’accouchement prématuré et me donne un lexomyl… Pour ne plus m’entendre sûrement… Le lendemain, la douleur s’intensifie,  on est dimanche, je menace les médecins de la Clinique d’être transférée aux urgences de l’hôpital, si on ne me fait pas des examens. Je ne peux plus marcher, on m’envoie en fauteuil roulant passer des radios et écho doppler. Il en ressort un rein droit dilaté  » PROBABLEMENT DES COLITES NEPHRETIQUES » dixit le corps médical. Je suis donc traitée pour ça, et, discrètement, les médecins en remettent une couche auprès de mon conjoint comme quoi je suis angoissée…

Au bout de 15 jours de souffrances, et sans chercher à mieux me soulager et d’où vient réellement la cause de mes douleurs, mon gynéco décide de me faire rentrer chez moi, en hospitalisation à domicile. Le lendemain,  je retourne à leurs urgences, j’ai mal, horriblement mal. On m’ausculte vite fait. Toujours la même rengaine  » arrêtez de stresser ». Je retourne chez moi, dépitée. J’harcèle mon gynéco, le service des urgences, l’urologue par téléphone, essayant de leur faire comprendre que quelque chose de pas normal se passe dans mon corps. Mais rien n’y fait. Je me résigne, donc, à attendre, chez moi. J’ai quand même voulu aller à l’hôpital, puis je me suis dit : « mais non, c’est juste l’angoisse, les médecins connaissent leur travail ».

Le lundi 23 février 2009, j’ai passé ma journée à pleurer de douleurs, peur de perdre mon bébé. Le soir, mon chéri, pris d’un mauvais pressentiment, annule ses rdv pros et rentre plus tôt. 1h à peine après qu’il soit rentré,  pendant qu’il continuait les travaux dans la chambre de Sarah, je me suis levée pour faire pipi. J’ai crié,  il est venu et m’a vu tomber sur le lit, blanche, la bouche ouverte, cyanosée sous les yeux, la bouche et les doigts bleus. Il m’a donné une claque pour que je reprenne mes esprits, j’étais toute froide, il a cru que j’étais morte. Il a appelé les pompiers et le SAMU. Le monitoring posé montrait que bébé allait bien, moi j’étais inconsciente, je partais déjà… Durant le transport dans le camion des pompiers, 1er arrêt cardiaque pour moi. Ils ont réussi à faire repartir mon coeur. Arrivés aux urgences, succession d’arrêts cardio respiratoires, transfert en salle de déchocage, intubation, on m’a plongé dans un coma artificiel. Les médecins s’alternaient pour me faire les massages cardiaques. Pendant ce temps, mon chéri est arrivé aux urgences,  demande après moi et Sarah. Les médecins lui annoncent le décès de Sarah in utero par asphyxie,  du fait de mes nombreux arrêts cardiaques, et du peu de chance que j’y survive moi même… Mon homme s’effondre de douleurs. Il a perdu son bébé, et probablement sa femme.

Diagnostic posé une fois qu’ils ont réussi à me stabiliser : embolie pulmonaire massive. Les douleurs au rein, et soit disant mon angoisse,  étaient en fait dû à  un caillot sanguin qui se formait dans ma veine ovarienne, dans mon petit bassin, et non des coliques nephrétiques… Je suis restée 3 jours dans le coma,  ils m’ont donc fait accoucher à ce moment là. Le mercredi, reprenant une respiration par moi même, les médecins ont levé la sédation, m’ont extubée. Je me suis réveillée avec des douleurs à la poitrine, dans la gorge (dû à l’intubation), la peur de l’endroit où je me trouvais, de toutes ces machines auxquelles j’étais branchée. Et SURTOUT, un vide dans mon ventre. Quand l’infirmière est venue me voir, je lui ai demandé où était ma Sarah. Elle m’a de suite annoncé mes arrêts cardiaques, et la mort de Sarah, son accouchement dans le coma, à 8 mois de grossesse… Je suis restée choquée plusieurs jours.

Je me suis reprochée d’avoir survécu à mon bébé, de ne pas avoir pu la protéger… Après avoir longuement hésité,  j’avais peur de la voir, on m’a amené en fauteuil roulant  à la mise en bière de Sarah. C’était le 5 mars 2009. Mon dieu qu’elle était belle. Je l’ai prise dans mes bras (mon conjoint n’a pas réussi à le faire), je l’ai bercé, embrassé tendrement. C’était une belle petite fille de 2kg200, viable… Je ne voulais pas la lâcher, mon bébé… Lorsque la cérémonie s’est terminée, j’ai tenu à ce que ce soit moi qui la couche dans son petit cercueil blanc, avec le petit doudou que je lui avais acheté pendant la grossesse.  Puis j’ai dû fermer à tout jamais sa demeure éternelle… Après plusieurs semaines de convalescence pour moi, j’ai demandé un entretien avec le gynéco qui me suivait pour cette 1ère grossesse. Il m’a avoué « qu’ils avaient merdé en attribuant mes douleurs au stress ». Que s’ils avaient poussé les examens ils auraient vu le caillot se former et m’aurait fait une césarienne d’urgence. Je suis sortie dévastée de ce rdv. Puis, mon conjoint et moi, avons décidé d’attaquer cette clinique, pour ne pas qu’un drame comme celui ci se reproduise. Et pour la mémoire de Sarah, qui devrait avoir 10 ans aujourd’hui…
10 ans de bataille contre cet établissement. Plusieurs expertises medicales, les torts et erreurs reconnus contre cette clinique. Mais procès pas terminé à ce jour… La justice française…
Je t’aime ma Sarah. Merci de m’avoir offert une petite soeur et un petit frère, alors que les médecins pensaient que je ne pourrais plus avoir d’enfants…
Pas un jour sans que je ne pense à toi.
Ta maman.

Merci Emma pour ce témoignage poignant. Merci d’avoir choisi MILAWITHYOU pour partager vos maux. Merci. Merci Emma pour les paranges, les mamanges qui se retrouveront dans votre histoire.

MILAWITHYOU c’est une équipe à l’écoute, attentive et qui fait une vraie place à votre Témoignage de mamange ! Nous souhaitons vous tendre la main, vous qui traversez un deuil douloureux.

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Author Mila

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