Mois : décembre 2020

Marine : l’hyperémèse gravidique lui gâche la vie

Si les nausées de grossesse touchent une femme sur deux, elles ne sont rien comparées à l’hyperémèse gravidique. Aujourd’hui Marine se confie.

J’ai un premier garçon né en mai 2019 , j’ai étais très malade des le début de la grossesse, je suis restée couché presque 2 mois sans savoir ce que j’avais, très forte nausée de nombreux vomissements par jours ,je ne tenais pas debout je suis allée plusieurs fois aux urgences mais on ne me prenait pas aux sérieux, on m’a sortit que peut-être je rejetais mon fils (je précise que mon fils a était conçu par fiv après un parcours de 5 ans) j’ai eu du zophren à 10 sa cela m’a aidé à reprendre une vie à peu près normale mais en ayant des nausée h24 et cette horrible gout dans la bouche jusqu’à l’accouchement….

Je rêve d’un deuxième enfant rapidement et je suis sereine car je me dis maintenant que je connais le zophren je le prendrais dès le début…nous partons en vacances en septembre 2020. Au retour n’ayant toujours pas eu mes règles je fais un test qui est positif, plein de bonheur car je suis enceinte naturellement…mais le bonheur fut de courte durée car rapidement je suis très malade je réclame le zophren et à mon grand désespoir on m’apprend que je ne pourrais l’avoir qu’à 10 sa et là tout s’écroule je suis très malade je n’arrive plus à m’occuper de mon fils et je l’allaite toujours. 1er passage aux urgences on ne m’écoute pas et me donne un suppo de vogalene et aurevoir.. quelques jours s’écoulent je retourne aux urgences car ce n’est plus vivable 

A mon arrivée, déjà je sens qu’on ne me prend pas au sérieux (malgré le fait de ne pas tenir debout). J’attends en salle d’attente alors que ça fait deux semaines que je suis au lit. Ce fut difficile. On vient me chercher, m’installer et me perfuser. Me voilà soulagée mais pour une courte durée car ce fut juste pour m’hydrater et rien d’autre. je demande à être hospitalise car je ne tiens vraiment plus à la maison et là on me dit “mais Mme, vous comprenez qu’on ne va pas garder toutes les femmes qui vomissent au premier trimestre” …

Le résultat de la prise de sang tombe : bilan parfait. Donc là maintenant on me prend encore plus pour une marchande de cinema et on commence à me demander si je désire vraiment cette grossesse (elle l’est plus que tout au monde) ensuite on me demande si je chercher à fuir le domicile conjugale, si je me fais frapper. On me dit que je n’ai pas l’air d’avoir le moral : souffrir H24, rester allongé dans le noir et vomir c’est pas vraiment réjouissant. Là, on me dit de me mettre un coup de pied aux fesses, de me levez, de vivre normalement…

Je finis par être hospitalisée à 23h, on me dépose une soupe et pas un mot de plus sur mon état. Je me suis dit que forcément on viendrait me voir après, donc je ne dis rien. Les heures passent. Je souffre, et toujours personne. Le petit déjeuner arrive, je préviens l’aide soignante que je n’ai eu aucun traitement depuis la veille et que la perf n’est pas passée. Elle me dit qu’elle va prévenir sa collègue. Une heure après, toujours rien. Je demande à la dame qui débarrasse mon plateau .. toujours personne.

La sage femme passe me dire que le gynéco de garde n’avait fait aucune prescription (il m’a pourtant dit la veille qu’il prescrivait du zophren si besoin) donc elle ne pouvait rien me donner. En gros, je suis ici je ne sais même pas pourquoi, mis à part privée de mon fils, de l’allaitement, je le laisse hurler toute la nuit (sa maman qui manque)

Je voulais juste venir ici pour reprendre des forces, et mieux retrouver ma famille mais me voilà encore plus épuisée, dépitée et malade comme pas possible.

Le gynécologue vient me faire la visite. “Mme vous n’avez pas perdu assez de poids, votre prise de sang est bosse, il est hors de question de vous prescrire du zophren” Je me suis sentie ridiculisée.

Je me suis fait passer pour une hochotte, je lui ai dit qu’on ne juge pas que à la prise de sang, il y a mon état : je ne tiens plus debout, dès que je me lève je fais des malaises, je n’urine presque plus, dès que je mange je vomis, j’ai des nausées ultra fortes H24, c’est invivable…

La chochotte a décidé de rentrer, j’en ai plus qu’assez de toute ça, je vais retourner souffrir dans on lit. Faut-il être en train de mourir pour être prise au sérieux ?

Et pour finir je suis à 15sa, toujours bien malade le zophren que j’ai maintenant obtenu me soulage moins que pour ma première grossesse et j’ai de l’hypersalivation je crache dans une bouteille toutes les minutes c’est juste horrible …

marine

Merci Marine de ce témoignage qui nous permet de faire connaître un peu plus chaque jour cette maladie qui est l’hyperémèse gravidique. Marine, nous pensons bien fort vous !

Vous pouvez, comme Marine, nous envoyer votre témoignage par mail : contact@milawithyou.com ou nous rejoindre sur Facebook

Miranda face à l’ hyperémèse gravidique

Si les nausées de grossesse touchent une femme sur deux, elles ne sont rien comparées à l’hyperémèse gravidique. Aujourd’hui Miranda se confie.

Pendant plus de 4 mois j’ai été atteinte d’hyperémèse gravidique.

Cette pathologie au nom flippant touche 3% des femmes pendant la grossesse.

En clair c’est quoi ?

– C’est perdre 12 kilos en trois mois, alors que nous sommes censées en prendre.

– C’est ne plus pouvoir boire ni manger sans vomir

– C’est entendre ton entourage te dire “ça va t’es enceinte, t’es pas malade”. 

– C’est voir plusieurs spécialistes (médecin généraliste, gynécologue, sage-femme, acuponcture) pour essayer de se soulager, essayer plusieurs traitements qui ne fonctionnent pas

– C’est être seule face à cette pathologie car la plupart des médecins ne t’en parle pas et ignorant même son existence

– C’est être hospitalisée plusieurs fois pour perte de poids et déshydratation, nous faire croire que c’est psychologique.

– C’est devoir faire nos propres recherches et tomber par chance sur l’association de l’hyperémèse gravidique et se sentir un peu moins seule.

– C’est accepter de déléguer la totalité des tâches à la personne qui vit avec vous, essayer de ne pas culpabiliser. 

– C’est souffrir, pleurer, regretter, regretter d’avoir regretter. 

– C’est voir son conjoint pleurer et souffrir car il est malheureusement impuissant dans ce cas. 

– C’est avoir peur pour soi, son bébé, son couple.

Je n’ai jamais été aussi faible, ma nouvelle routine était depuis des semaines d’avoir la tête dans la cuvette, ne garder aucune nourriture ni eau, vomir 10 à 15 fois par jour. 

Aujourd’hui enceinte de 8 mois ça va mieux même si ça n’a pas totalement disparu, j’ai hâte d’avoir mon bébé dans les bras, cependant depuis quelques mois je suis atteinte en plus de diplopie pathologie neurologique dû à l’hyperémèse gravidique. 

Je souhaite bon courage à toutes les futures mamans qui devront passer par là. 

J’admire les mamans qui ont vécu ça et qui n’ont pas peur de le revivre une deuxième fois, voir troisième pour compléter leur famille. Chaque grossesse est différente, mais on sait que le risque de récidive de l’hyperémèse est de 80%. 

Vous n’êtes pas seules, et ce n’est pas dans votre tête comme on vous le fera croire cette pathologie existe. 

Merci Miranda de ce témoignage qui nous permet de faire connaître un peu plus chaque jour cette maladie qui est l’hyperémèse gravidique.

Vous pouvez nous envoyer votre témoignage par mail : contact@milawithyou.com ou nous rejoindre sur Facebook

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